A l'école en Gironde


Comptines originales et autres fantaisies enfantines qui avaient cours dans la cour de récréation.


I - « Comptines » acidulées (plus ou moins) et expressions imagées.

1)
Bisque, bisque, rage,
Mange du cirage !..
Destiné à celui / celle dont on est sûr ainsi de calmer la colère.

2)
Battez-vous, tuez-vous,
Mais ne vous faites pas de mal !.
Pour ramener à coup sûr la paix entre les belligérants.

3)
Beauté fatale,
Quand je te vois,
Je me cavale.
Beauté divine,
Quand je te vois,
Je me débine.
S'adresse, sans contestation possible à celle dont les charmes ont troublé à jamais celui qu'elle a élu.

4)
Ferme ta boîte à camembert
Tu l'ouvriras au dessert !
Ferme ta boîte à sucre
Elle attire les mouches !
Une manière courtoise de clouer le bec à qui tient des propos peu appréciés.

5)
C'est celui qui sent qui pue !
Un délicat parfum issu d'un fond de culotte flotte dans l'air, malheur à l'imprudent qui le fait remarquer.

6)
En France comme en Suisse,
Tout chien qui pisse
Lève la cuisse ;
Tout chien qui pète
Lève la couète...
La vue d'un médor en train de se soulager contre un mur, un pneu, ou tout autre lieu propice à laisser son empreinte odorante était prétexte à entonner ce joli quatrain pour les spectateurs.
Excellente occasion de rire un peu.

7)
Les cafards, les lèche-cul ont toujours eu bonne réputation. Voici un exemple de ce qui leur était destiné après un de leurs forfaits :
Rapporteur à la maison,
Reçoit des coups de bâton.
Rapporteur à la mairie,
Reçoit des coups de fusil.

8)
Silence, le coq chante, la poule danse,
La queue du chat balance.
Excellent moyen, quand un ange passe, de faire que chacun retrouve la parole.

9)
Ramasse ta viande, boucher !
Façon élégante d'inviter qui a mordu la poussière à se relever.

10)
Cette façon originale d'apprendre à compter jusqu'à dix avait été inspirée à l'un des écoliers (lequel ? ) par le nom des malheureuses filles d'une famille du bourg, en face de l'épicerie minuscule de Marie-Jeanne (Luccin), rendue célèbre par les manœuvres incestueuses du père :
Sens le cul à ca-un,
Sens le cul à ca-deux,
Sens le cul à ca-trois,
Sens le cul à ca-quatre,
Sens le cul à ca-cinq,
Sens le cul à ca-six,
Sens le cul à ca-sept,
Sens le cul à ca-huit,
Sens le cul à ca-neuf,
Sens le cul à Cadix !
Cette complainte numérisée s'adressait à quelqu'un à qui l'on entendait exprimer avec force toute sa sympathie.

11)
Invective rythmée accompagnée d'index vengeurs, lancée sans aménité contre les malheureux ayant, sans contestation possible, mérité qu'on les conspuât :
Oh, hue,
La patate à la morue !
... jusqu'à plus soif.

12)
« Circule, virgule, ou je t'apostrophe ! »
Invitation claire et nette à « dégager la piste ».

13)
« Si tu bouges, tu remues,
Si tu pètes, ça pue ! »
Est-il besoin de commenter ?

14)
Colo ?
C'était un 13, un vendredi,
Tous les enfants de la Calabre autour du feu étaient assis.
Soudain, le chef se lève et leur dit :
« C'était un 13, un vendredi... etc, etc. »
...jusqu'à plus soif.

15)
Oh, soleil, toi qui fais murir les citrouilles
Fais-moi chauffer de l’eau pour me laver les… yeux !

16)
Bite au cul et couilles noires
Se battaient un jour de foire
Pour un vieux chapeau troué
Que Bite au cul avait trouvé.
Ils allèrent au commissaire
pour régler de leurs affaires
Couilles noires avait raison
Bite au cul est en prison.
Bite au cul fut vaincu
Couilles noire eut la victoire.


II - Jeu des questions - réponses ou des réponses impératives.

1)
« - Dis : chiche
- Chiche.
- Mang'la merde et moi la miche ».

2)
« - Cinquante et cinquante ?
- Cent.
- Sens mon cul en passant
Sur le pont de Langoiran
Sens le tien, sens le mien,
Ça te fera du bien ! »

3)
« - Tu viens avec moi ?
- Où ?
- Chez Coucou, te faire couper le cou ! »
Variante :
- Dans un trou, plein de merde jusqu'au cou ! »

4)
D'origine inconnue (peut-être à la maison ? )
« Tu as faim ?
Mange ta main
Et garde l'autre pour demain ! »


III - Parodies.

Cinna (version 1)
Te souviens-tu, Cinna, du temps où, dans la chambre,
Nous n'avions pour pisser qu'un simple pot de chambre ?
Ce temps-là est passé, il reviendra peut-être.
En attendant, Cinna, pissons par la fenêtre.

Cinna (version 2)
Prends un siège, Cinna, et assieds-toi par terre.
Et si tu veux parler, commence par te taire !